Le temps passe
Voilà plus d'un mois que je suis maintenant sans machine. Moi qui avait prévu de revenir ici plus souvent, me voilà coupé dans mon élan. Mais bonne nouvelle, l'assurance me rembourse la semaine prochaine et je vais à nouveau pouvoir venir ici à votre rencontre. C'est que j'ai, sur mon ancien ordinateur, la plupart des dessins et peintures qui maintenant couvrent trois des murs de mon bureau. Il faut que je vous montre ça.
Sinon au chapitre des nouvelles de moi, je vais vous parler de moi et aussi un peu de moi. Comme cela vous ne serez pas venu ici pour rien.
Tou d'abord, je fais de plus en plus partie des statistiques nationales. En effet, il semble qu'il y ait un lien entre arrêt maladie longue durée et problèmes avec les patrons. Je suis pour ma part arrivé à la case "échange de recommandés". Ça va mal se finir mais je n'ai rien à perdre. D'ailleurs si parmi vous il y a un avocat du travail...
Ensuite, j'avoue avoir fait augmenter bien involontairement les chiffres de la violence urbaine il y a quinze jours. Nous étions, Elle, des amis et moi assis en terrasse à un restaurant par une chouette soirée de mai. Nous entamions la phase digestion quand l'un de nous aperçoit à quelques mètres un homme au sol en train de se faire tabasser par quatre autres. Elle se lève et file avec les autres sur les talons (j'ai épousé une sprinteuse ou alors je cours vraiment mal l'estomac plein). Arrivé sur les lieux, nous séparons les gens et relevons la victime. Devant le nombre, les agresseurs reculent mais sont rejoints par des renforts. Et c'est la bagarre générale, c'est ce qu'ils veulent et nous on est sur le chemin de la victime. La suite me permet de faire les observations suivantes :
- Les stupéfiants ou l'alcool empêche les gens de frapper comme il faut. On les a assez facilement mis en fuite
- Ces bandes sont assez organisées pour éviter de se faire prendre par la police
- Un coup sur de l'arthrose ça fait mal quand l'adrénaline s'en va
- Cinquante témoins, dont le personnel du restaurant, et pas un seul appel pour prévenir la police. C'est la victime que nous protégions qui l'a fait
- Les urgentistes de Saint Joseph sont sympa, ils se sont arrangés pour que je passe ma nuit d'observation sur un brancard à côté d'Elle
- C'est pas évident de trouver quelqu'un sur les photos montrées par la police
- Ça fait du bien de se regarder dans le miroir et de se dire qu'on a sauvé une vie
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